Un internaute localisé à Saint Jean.

Le pays où rêvent les fourmis vertes

Le pays où rêvent les fourmis vertesAprès nous avoir emmenés au cœur de la forêt amazonienne avec «Aguirre» puis «Fitzcarraldo», Werner Herzog nous propose un voyage sous une autre latitude : dans le désert australien où vivent, à l’état quasi-primitif comme les Indiens d’Amazonie, des tribus d’aborigènes qui ont préservé leurs coutumes et leurs légendes. Si leur existence est bouleversée, ce n’est pas par un conquistador dément ou par un amateur d’opéra illuminé, mais plus prosaïquement par une compagnie minière qui vient creuser le sol dans l’espoir de découvrir de précieux minerais. Les aborigènes ne font ni une ni deux : ils s’accroupissent devant les bulldozers comme des étudiants organisant un sit-in. Ah, les sauvages ! Ils entravent ainsi la marche du progrès sous le prétexte ridicule que leur terre sacrée est le pays des fourmis vertes, des insectes mythiques qui n’existent même pas, qui symbolisent seulement leurs origines, leurs mythes ancestraux et leurs rêves d’autochtones. Je vous demande un peu. Inutile de dire comment les dirigeants de l’Ayers Mining vont recevoir ces fariboles. Les trublions imperturbables refusent de négocier ? On les poursuit devant les tribunaux. Une sagesse vieille de 40 000 ans s’oppose, devant des juges emperruqués, aux arguments raisonnables des businessmen. Devinez qui gagnera ? En tout cas, félicitons Herzog, parfois pompeux et trop raide, d’avoir conté avec le sourire cette histoire d’incompatibilité entre deux civilisations.

Les moissons du printemps

Les moissons du printempsPendant l’hiver 1942-43, dans un village côtier du nord de la Californie, deux jeunes gens vivent leurs derniers mois avant de partir à la guerre. Hopper et Nicky ont décidé de s’engager dans les marines. En attendant, ils délaissent le collège, travaillent le soir au bowling local et, le reste du temps, s’amusent à des jeux idiots, risquant leur vie en sautant dans des trains en marche pour le plaisir… Hopper, amoureux de la belle Caddie, caissière du cinéma, la prend pour une riche héritière parce qu’elle habite dans le quartier huppé (en réalité, sa mère est femme de chambre dans une famille bourgeoise). La petite copine de Nicky, Sally, tombe enceinte : il faut trouver les 50 dollars nécessaires à l’avortement. Hopper et Nicky tentent de se procurer la somme en arnaquant des militaires au billard, ils échouent lamentablement et sont obligés de demander de l’argent à Caddie, qu’ils croient riche. Celle-ci réussit, non sans risque, à les tirer d’affaire, mais l’épisode de l’avortement sordide sème la zizanie dans le petit groupe. De toute façon, l’heure du départ approche… Cette chronique des années 40 ne sacrifie pas à la nostalgie facile. Il y a un ton, une atmosphère, qui touche sans recourir aux procédés grossiers. Les jeunes interprètes sont convaincants, de Sean Penn (vu dans «Taps» et «Bad boys») à Nicolas Cage (confirmé depuis par «Birdy») en passant par Elizabeth McGovern (vedette de «Ragtime» et «Il était une fois en Amérique»). L’ensemble mérite d’être vu.

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