Un internaute localisé à Saint Jean.

Mad Max, au-delà du dôme du tonnerre

Mad MaxMax est là. Routier sympa et solitaire. Il a un nouveau look : plus près de Lawrence d’Arabie que des vilaines bêtes casquées et bottées de naguère. Max survit, comme toujours. Et il a toujours plein d’embêtements qu’il n’a pas cherchés. Max n’est plus mad (fou). Déjà dans le précédent film, notre héros défendait la veuve et l’orphelin et avait fait, de son combat solitaire (voir le premier film), une œuvre d’humanité. Dans ce «Dôme du tonnerre», il persiste et signe. Il entreprend de défendre une petite communauté qui attend son guide et doit pour cela combattre de redoutables ennemis. Ce qui nous donne droit à quelques combats à couper le souffle. Il y a, bien sûr, l’inévitable et superbe poursuite en voitures, des images d’une réelle beauté et puis des gueules, inimitables, magnifiées par le scope. Le rythme est certes moins alerte que dans les précédentes aventures. Mais c’est naturel, à force de courir, tout le monde s’essouffle, Max aussi.

Bras de fer

Bras de fer«Bras de fer» aurait pu s’appeler «Duel». Car si la Deuxième Guerre mondiale, les services secrets et la Résistance servent de toile fond au film de Vergez, c’est l’histoire de la confrontation entre deux hommes, deux amis, qui est le fil conducteur du film. Pierre Wagnies, alias Augustin pour le réseau de Résistance auquel il appartient, reçoit un ordre de mission. Mission secrète. Tout ce qu’il en sait tient en une phrase : «Sans Judas, pas de Christ». Lorsqu’il recevra ce signal, il devra se plier aux ordres, quel que soit le sacrifice exigé. Wagnies entre en contact avec Delancourt, son ami d’enfance, un passionné d’escrime comme lui, mais aussi celui qui a sacrifié leur amitié pour l’amour d’une femme, Camille. C’est de Delancourt que Wagnies va recevoir ses ordres. L’opération Judas va se dérouler au rythme des règlements de comptes entre ces trois personnages : Delancourt, Wagnies et Camille. L’opération Judas n’a rien d’un improbable plan improvisé. C’est une mécanique infernale, parfaitement mise au point. L’intrigue peut paraître confuse. Mais tous les éléments obscurs du film seront les uns après les autres éclairés. Vergez a fait très fort dans le décor (tout le film a été tourné en studio), ce qui rend quelquefois l’atmosphère un peu trop clean. Un parti pris esthétique poussé à l’extrême, dans la lumière, la façon de se mouvoir des personnages, les couleurs tamisées… Il est vrai qu’on n’y voyait pas très clair dans ces années troubles ! «Bras de fer» nous force à y voir double…

Police

PoliceUn flic (Gérard Depardieu) essaie d’extorquer quelques renseignements, quelques noms à un petit dealer de drogué. Il veut remonter une filière dirigée par une «famille» d’Arabes autour de laquelle traînent un avocat marron (Richard Anconina), une pute (Sandrine Bonnaire) et une sacrée menteuse (Sophie Marceau), la compagne du principal dealer. Aidée par une jeune stagiaire (Pascale Rocard), notre flic va mener l’enquête. Sentimental, sympathique, rigolard et déchiré, il navigue en eaux troubles, parfois à la limite de l’illégalité… Quel autre acteur que Depardieu aurait pu jouer avec tant de style, d’humour et d’émotion ce personnage complexe? On reste bouche bée. Il faut dire que tous les comédiens (et même Sophie Marceau) qui lui donnent la réplique sont à la hauteur. Pialat a réussi là un véritable polar, où se mêlent, avec bonheur, action et drame. La photographie est parfaite, la mise en scène efficace et sans fioritures. La direction d’acteurs précise. Malgré quelques longueurs, le scénario reste solide. Le duo Pialat-Depardieu fait mouche dans un polar comme l’on rêve d’en voir plus souvent. A voir toutes affaires cessantes…

Flesh and Blood

Flesh and Blood (La chair et le sang)

C’est pas parce qu’on est des grands que l’on n’a pas le droit de s’amuser avec des histoires de princes, de princesses et de gueux (les hors-la-loi du Moyen Age). La preuve, Verhoeven nous livre avec «La chair et le sang» un divertissement dé ce type, mais pour public averti. Car de la chair et du sang, il y en a à la pelle. De la chair pas toujours très nette à cause de la peste bubonique qui cause des ravages à l’époque et qui, bien utilisée, peut être la meilleure des armes bactériologiques. Mais aussi de la bonne chair fraîche de jolie donzelle à sang bleu consommée par de terribles Barbares qui gagnent pourtant à être connus ! Quant au sang, il coule à flot, question d’honneur. Le scénario tourne essentiellement autour d’une histoire d’amour et de pouvoir : un cocktail détonnant pas très étonnant. Une jeune et innocente princesse est prise en otage par des gueux qui ont été manipulés par des seigneurs guerriers : le coup classique d’envoyer le petit

peuple à l’abattoir et de ne lui en vouer aucune reconnaissance. Le chef des gueux, Martin, tombe amoureux de la princesse et elle- même ne sait pas très bien si les sentiments qu’elle éprouve à son égard sont de l’amour ou de la haine. Et comme la princesse a partagé une mandragore forte appétissante avec le prince, l’affaire se complique. Car la mandragore — cueillie sous les pieds de deux pendus en état avancé de décomposition — a des vertus magiques et rend fou d’amour celui qui la croque ! Le prince et le gueux en viendront inévitablement au duel…

Magnétoscope.

magnétoscopeRécemment, le point faible de tout magnétoscope, c’était le son. D’aucuns déploraient l’absence de qualité tant sur l’enregistrement que sur la lecture des vidéocassettes. Et puis les premiers hifi stéréo sont apparus (cf. PPO N° 41). Et une nouvelle ère pour la vidéo a commencé. Après le père du VHS, JVC, voici que Matsushita, qui possède les marques Panasonic et Tech­nics, a adopté cette nouvelle technologie, brillamment illustrée par son dernier né, le NV-870 F hifi stéréo… Quasiment un magnétoscope et un magnétophone à la fois ! Rappelons que l’apport original est l’addition dans le tambour de 2 têtes rotatives audio venant en supplément des 2 têtes classiques de la vidéo. Les signaux audio stéréo en modulation de fréquence sont inscrits en diagonale sur la bande sous les signaux vidéo. Le système audio classique (et archi nul en comparaison) est néanmoins conservé, en l’occurrence une seule petite tête audio fixe travaillant en modulation d’amplitude. L’amélioration est immédiate avec une courbe de réponse qui va de 20 à 20 000 Hz avec un rapport signal/bruit dynamique supérieur à 80 dB. Mais avant de découvrir les possibilités sonores du NV-870, il est nécessaire de regarder de près ce magnétoscope qui allie le sérieux dans la réalisation à un souci certain du design. La ligne tout d’abord est volontairement High Tech : ligne basse, façade noire soulignée par les nombreuses diodes témoins, les afficheurs et les vumètres digitaux. A l’instar des appareils photo, le noir supplante en chic le clinquant du chromé. Les petits détails qui font la différence :Deux évidements sont présents de chaque côté pour une prise sûre lors des déplacements de l’appareil ; bien qu’à chargement frontal, une fenêtre en altuglas sur le dessus permet de jeter un coup d’œil à la bande qui défile ; la face avant regroupe toutes les indications pour contrôler les multiples fonctions ; les nombreux boutons des réglages sont masqués par un petit abattant, seules les commandes usuelles, largement dimensionnées, restent apparentes. Sur la face avant, on trouve de gauche à droite : Les touches douces d’arrêt-marche et d’éjection de cassette, prise casque — bien pratique pour le monitoring des enregistrements audio. Elle possède un curseur de réglage de puissance.

Le sélecteur de lecture audio : stéréo, canal droit, gauche et mono.

L’afficheur supérieur avec le jour, l’heure, le numéro du canal (autre détail important, le NV-870 en comporte 32, ce qui est un plus, à l’heure où les sources d’images à enregistrer sont de plus en plus nombreuses).

L’afficheur inférieur avec les deux vumètres à barres pour le contrôle du niveau d’enregistrement. Détail intéressant, ils sont à mémoire, c’est-à-dire qu’ils conservent allumée quelques instants la barre la plus à droite pour que l’utilisateur ait le temps de voir la crête du signal reçu ! L’afficheur contient aussi le témoin d’enregistrement, le compteur de bande avec mémoire, les boutons de mise à zéro du compteur de bande et de la fonction mémoire/recherche. Cette dernière est très pratique quand on a à rechercher un morceau de musique sur une bande de 4 heures. Elle permet de localiser rapidement et automatiquement le début de la séquence suivante ou précédente par la recherche des blancs dans la bande son.

Les deux curseurs de contrôle du niveau d’enregistrement des canaux stéréo.

Les fonctions magnétoscope telles que l’arrêt sur image sans distorsion et l’avance image/image, ralenti et accéléré variables avec témoins, défilement rapide avant/arrière.

Toutes ces commandes sont soft et accessibles aussi à partir de la télécommande. Sous la trappe on retrouve les principaux réglages : niveau de casque, sélecteur du type d’enregistrement audio, alignement (tracking) fixe et ralenti, netteté de l’image vidéo restituée, réducteur en FM. Un sélecteur permet de choisir la source à enregistrer.

Parmi les nombreuses autres facilités offertes par ce magnétoscope, il faut noter la programmation qui se fait sur 14 jours pour 8 programmes, la fonction de répétition quotidienne ou hebdomadaire (le luxe), le rembobinage automatique en fin de bande, le montage par assemblage, la télécommande à infrarouge et l’alimentation de secours d’une autonomie d’une heure contre les petites coupures de secteur.

A l’arrière on trouve une prise péritel femelle (Scart) pour la liaison directe vers un moniteur ou un téléviseur sans passer par le tuner. Mais rien n’empêche de l’utiliser dans l’autre sens pour enregistrer Canal + ou ce qui vient d’un microordinateur. Les fiches RCA pour les branchements audio sont également très importantes. En effet, comme l’utilisation magnétophone est normale, il faut que téléviseur, magnétoscope et chaîne hifi soient regroupés pour former une chaîne audiovisuelle. Les liaisons s’étableront comme suit : l’arrivée antenne dans le magnétoscope. Un cordon coaxial du scope vers l’entrée antenne du téléviseur. Deux cordons audio RCA/RCA établis depuis votre ampli ou pré ampli (entrées/sorties nommées Tape 1 ou Tape 2 par exemple) vers le scope. Éventuellement le cordon péritel vers le téléviseur ou le moniteur. Ce magnétoscope hifi offre de nombreux avantages :

Le son dé votre télévision ou d’une cassette classique mono retransmis par votre chaîne hifi est forcément bien meilleur.

On peut se servir du magnétoscope en magnétophone hifi très haut de gamme pour, par exemple, enregistrer FIP au laser ou un programme d’une station FM bien captée et enregistrer des compacts discs laser sans presque aucune perte de qualité.

Il permettra aussi de visionner les premières cassettes vidéo hifi stéréo Encore peu nombreuses, elles vaudront largement le détour comme le très attendu «Amadeus» de Forman…

Variante pour le futur, certaines cassettes auront deux .enregistrements audio différents sur chacun des deux canaux. Cela permettra de voir un film indifféremment en VO ou en VF ou bien de voir et entendre un Belmondo en basque ou en catalan.

Il sera même possible i d’enregistrer un concert retransmis simultanément par TDF et France Musique. Le NV-870 peut, en effet, enregistrer les images venant d’une source et le son d’une autre.

A l’écoute, le NV-870 est sans pitié, pour les chaînes hifi médiocres. Aussi ce sont les audiophiles doublés de vidéophiles qui se délecteront des performances de ce type de matériels. Elles sont quasiment comparables à celles d’un compact dise pour la section audio et se situent au meilleur de ce qui se fait en vidéo VHS.

Un bon petit coup de blanc

George HarrisonIl paraît que tu travailles jour et nuit…

Je fais la post-synchro d’un film anglais produit par George Harrison qui s’appelle en anglais «Water» et dont le titre français sera «Ouragan sur l’eau plate». C’est un film avec Michael Caine et Valérie Perrine, qui est une comédie très anglaise et extrêmement drôle. Et puis, le soir, je suis en train d’enregistrer un disque, ça faisait longtemps que j’en avais envie, mais aucune proposition ne m’intéressait réellement. Maintenant j’ai un titre qui me plaît beaucoup et je l’ai enregistré.

Tu es un perfectionniste alors…

Ben oui, j’essaye dans la mesure de mes moyens. Quand on est pas connu on a moins la possibilité de choisir, mais là, j’ai déjà moins d’excuses.

Tu as des projets de films, suite de «Marche à l’ombre» ou avec l’équipe du Splendid?

J’ai un projet de film avec Josiane Balasko où il y aura sûrement beaucoup de gens, c’est une comédie assez originale par rapport à tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, où je joue un rôle différent. Je ne ferai pas de suite à «Marche à l’ombre» parce que je n’aime pas les suites et j’essaie de les éviter autant que possible.

Il y a un acteur ou une actrice avec lequel tu voudrais tourner plus particulièrement ?

Il y en a même plusieurs ! Depardieu, Marceau, Binoche, et surtout Kinski, Deneuve…

Quel genre de musique te branche ?

Tous les genres de bonne musique. La musique classique, car quand j’étais môme je faisais du piano, j’aime le jazz, et en ce moment la musique africaine. Ce n’est pas un hasard si dans «Marche à l’ombre» certaines scènes se passent dans un squat avec des musiciens africains. Dans les Français, j’aime beaucoup Jonasz. J’ai été très emballé par Rita Mitsouko. J’irais bien voir Gainsbourg au Casino de Paris, il a toujours été en avance sur son temps et il est complètement génial.

Quel genre de nana te fait craquer?

Plutôt les nanas plus jeunes que moi. Je ne veux pas dire adolescentes de 12 ans ! Ce n’est pas un recrutement selon l’âge, mais je constate seulement qu’elles sont généralement jeunes.

Que penses-tu de la mode ?

Ça me passionne. D’abord je trouverais dommage de vivre dans une époque sans s’intéresser à toutes les expressions de cette époque. Donc la mode m’intéresse à tous points de vue : artistique, vestimentaire, l’architecture, etc. Ce qui ne veut pas dire que j’aime les choses parce qu’elles sont à la mode.

Qu’est-ce que tu penses de la vidéo ?

Sous quelle forme ? Tiens, par exemple, les pubs vidéo à la télé sont abjectes de laideur parce que c’est bâclé, c’est de la merde. Et le son est dégueulasse. Mais il est certain que la vidéo est totalement passionnante, j’englobe dans la vidéo la TV, et je suis un dévoreur de télé. Je n’arrête pas de la regarder, je suis abonné à Canal +. J’ai même vu l’autre jour qu’on vendait à la Fnac des antennes pour capter les satellites et j’ai failli me jeter dessus en me disant que je pourrais capter des chaînes anglaises, allemandes.

Quel genre de films tu regardes ?

Il y a une vieille phrase qui dit «le genre que je n’aime pas c’est le genre ennuyeux» et il n’y a aucun style de films que je ne suis jamais allé voir. Je n’aime pas trop les films d’horreur, pour des raisons de confort personnel, ça me dégoûte et, comme je ne suis pas totalement maso, je ne vais pas les voir. Je ne parle pas des films d’angoisse, mais ce que je n’aime pas c’est l’hémoglobine et les tronçonneuses.

Pour revenir un peu à «Marche à l’ombre», que penses-tu de la drogue ?

Je suis très hostile à la drogue ! Et quand je dis drogue c’est aussi l’alcoolisme. J’ai vu des gens se foutre en l’air avec la drogue, c’est effrayant. Une souffrance monstrueuse. Entre le fait que les gens riches et oisifs en 1930 prenaient de la coke et les jeunes de maintenant pauvres, et qui par la force des choses deviennent oisifs, il y a une grosse différence. La drogue devient un refuge car les gens sont poussés à ça non pas par recherche, comme certains poètes de la fin du 19e siècle, mais par fuite de la réalité et c’est emmerdant car ça veut dire que la réalité donne envie de fuir et c’est ça le vrai problème. Sans compter la bande de salopards qui en vit : les trafiquants.

Et si je me fais attaquer par des renards, qu’est-ce que tu me conseilles ?

Je te conseille d’essayer le vin…

Je suppose que tu aimes bien bouffer…

D’une manière générale, j’aime toutes les sensations agréables. J’aime beaucoup la cuisine orientale. En revanche, je suis allé à Ibiza et c’était dégueulasse.

Tu sors le soir, dans les boîtes par exemple ?

Je vais le moins possible dans les boîtes car on m’emmerde. Les gens sont plus ou moins bourrés et leur manière de manifester leur sympathie est assez envahissante. Avant j’allais à l’Élysée Matignon parce que c’est une boîte extrêmement snob et que les gens à l’intérieur sont tellement snobs qu’ils font semblant de ne pas te reconnaître. Donc c’est formidable, on a la paix…

Quand on te demande un autographe, ça t’ennuie ?

Non, d’abord parce que je trouve ça flatteur et deuxièmement si ça m’ennuyait ça serait très curieux que je fasse ce métier. Mais ça m’ennuie parfois quand les gens me reconnaissent dans la rue et hurlent, et ça arrive, et d’un seul coup tout le monde se retrouve, et ça me met mal à l’aise car je suis très timide.

Quand tu avais notre âge, ça te plaisait les études ?

J’ai toujours eu de bons résultats sans trop travailler, je ne dis pas que je suis un génie, mais ça marchait très bien avec un travail personnel calme. Et je me marrais bien au lycée…

Tu as envisagé une autre carrière qu’acteur ?

Bien sûr, j’avais envie d’être acteur très jeune, mais après le bac je suis allé en fac et je me disais que je pourrais être prof de lettres. Mais j’ai réalisé que je préférais la comédie…

Et tes parents ?

Ils ont toujours été très sympas. Pour ça, ils m’ont toujours laissé faire ce que je voulais.

Tu m’as dit que tu regardais pas mal la télé, alors je suppose que tu regardes les actualités. Quelle est ton opinion sur le Sida, l’affaire Green peace, les divers accidents de trains et d’avions, es-tu inquiet ?

Je ne suis pas inquiet, ça c’est des trucs pour le Parisien libéré, bien sûr le Sida c’est très emmerdant. Encore une fois, j’ai pas des visions de morale sur le monde, c’est des idées de curé, ça. L’affaire Green peace, je m’en fous un peu, très cyniquement, il est tout à fait normal que le gouvernement fasse sauter le bateau, mais c’est pas aussi simple que ça. Mais tu sais, je ne suis pas un utopiste. Je ne crois pas à un monde où les gens se trimballent avec des fleurs dans les cheveux dans des jardins d’Éden avec des grandes robes blanches, ça n’existe pas. Le monde est fait d’affrontements et d’abcès de fixation. Faut juste essayer de limiter les dégâts. Tous les rêveurs idéalistes ne font pas progresser les choses ni la paix.

PolanskiJ’ai vu que tu avais tourné à tes débuts dans le «Le locataire», ça doit faire un drôle d’effet de tourner avec Polanski ?

Ben oui, ça m’a foutu vraiment les jetons, il est arrivé très en retard, on a commencé la journée de tournage à 3 heures au lieu de midi, moi j’étais là depuis 10 heures du matin en pyjama sur un palier ; j’avais donc très peur et très froid !

Le jeu de la vérité ça t’a laissé quoi comme impressions ?

Moi, le jeu de la vérité, ce qui m’intéressait surtout c’est de savoir ce que les gens au fond pensent de moi. Et ça m’étonnait qu’ils me demandent d’y participer. Delon c’est normal, ça fait 30 ans qu’il occupe la une des journaux avec ses histoires de cul et de fils, et de prises de position, c’est normal qu’ils aient des trucs à lui demander, mais moi ? Alors j’ai été très flatté de voir qu’on a beaucoup appelé et que ça soit plutôt positif, contrairement à Sophie Marceau dont la violence des questions posées semble relever de la frustration sexuelle des téléspectateurs.

Le remue-ménage qui a été fait sur l’Éthiopie, les disques, le concert du siècle, qu’est-ce que tu penses de tout ça ?

Je me suis beaucoup posé la question parce que j’ai participé à un truc, une bande annonce pour faire acheter l’album «Band aid», qui devrait d’ailleurs passer incessamment. Je me suis demandé si tout ça était un formidable événement médiatique, et si quelques Éthiopiens allaient en profiter. L’alternative c’était «ou c’est une escroquerie ou une véritable aide». Et alors qu’est-ce que j’ai perdu ? Je suis ridicule? Ça ne tue pas. En revanche, si je ne fais rien et que ça aurait pu aider, je tue. Mais j’estime que ce serait mieux si c’était au niveau du gouvernement que ça se passait. Un autre truc : je crois que quand les gens votent pour Reagan, il est absolument incohérent qu’ils aillent chanter pour l’Éthiopie. Parce que la politique de Reagan maintient le dollar à une valeur élevée et augmente la dette des pays pauvres.

Tu prends des vacances ?

Pas au sens habituel. Je ne supporte pas l’idée d’arrêter de travailler ou plutôt de ne pas avoir une activité. Alors j’ai plutôt tendance à partir dans des villes, par exemple Londres, New York, parce que la vie y continue. J’aimerais aussi aller dans le Sud-est asiatique.

Tiens, une autre question qui nous concerne directement, les interviews, qu’est ce que t’en penses ?

Je pense rien en général, mais en particulier. Sur le principe, je suis toujours flatté qu’on me demande mon avis sur des trucs, ça m’étonne toujours. Je trouve ça curieux que mon opinion puisse avoir un intérêt quelconque pour quelqu’un d’autre que moi ! En plus ça m’oblige des fois à faire le point, c’est comme une sorte de psychanalyse. Et on arrive à voir ce que les gens pensent de vous à travers les questions qu’ils vous posent. C’est plus intéressant de répondre à une interview que de lire une critique. Ce que je n’aime pas, c’est les gens qui arrivent en disant «vous n’auriez pas une anecdote à me raconter ?» C’est très fréquent et ça veut dire que l’intervieweur ne sait pas quoi demander et que vous qui êtes un rigolo vous allez bien trouver un truc marrant pour lui remplir son papier et, en fait, on fait le travail à sa place.

Tout à l’heure tu as prononcé un mot : psychanalyse. Qu’est- ce que tu en penses ?

Je suis un peu effrayé par l’approche quasi-religieuse que les psychanalystes ont de la théorie freudienne. C’est vrai que le fait de parler de ses problèmes ça s’est toujours pratiqué et que c’est très intelligent de l’avoir découvert. Et je ne nie pas son utilité. Mais les gens qui ont tendance à être sur leurs problèmes, et à partir du moment où ils se font analyser, ils sont de plus en plus sur leurs problèmes. Personnellement, je ne ressens pas l’envie d’essayer, j’ai réussi à trouver un équilibre, peut-être justement grâce à mon métier. Si j’étais directeur de banque, là, peut-être que j’irais me faire psychanalyser.

Tu as l’air plutôt tolérant dans l’ensemble…

Je suis très tolérant pour certaines choses et totalement tyrannique pour d’autres. Par exemple, je ne suis pas tolérant vis à vis des médecines douces qui pour moi peuvent être très dangereuses et de ce fait je suis hostile au livre de Rika Zaraï. Je tolère parfaitement qu’elle le fasse pour elle, mais qu’elle n’incite pas les autres. Elle se fait une fortune avec ce bouquin alors que de pauvres médecins gagnent trois fois rien pour leurs recherches contre le Sida. C’est très malhonnête. Par exemple, Rika Zaraï préconise, lorsqu’un enfant se blesse avec quoi que ce soit, de mettre de l’argile sans désinfecter et s’il reste des morceaux de bois dans la plaie, l’argile se chargera de désinfecter. Mais combien de cas de tétanos apparaîtront ? Est-ce qu’on a le droit de faire ça ? Elle peut le faire sur elle-même, mais le conseiller à des gens qui ne sont pas armés me paraît anormal. Je trouve que dans la vision sociale, il y a des choses qu’on ne peut pas laisser faire. Le suicide par exemple. Moi je pense que quand on ne peut plus vivre, à cause d’une souffrance morale ou physique insurmontable, le suicide est parfois préférable. Mais quand un mec est dans une condition normale, il ne se suicide pas facilement à cause de la crainte de la mort. S’il y a une souffrance suffisante, pourquoi empêcher les gens de le faire, au nom de quoi ?

Tu me sembles plus indulgent vis-à-vis du suicide que de la drogue….

Bien sûr, mais je suis indulgent avec la fuite, pour moi la drogue c’est un suicide. Si on l’envisage comme un suicide, je suis totalement indulgent. Entre se tirer une balle dans la tête et prendre de l’héro, moi je comprends tout à fait. Mais si un mec se dit, là, ça va pas mal, mais avec de l’héro ça sera super, là je dis non ! C’est pas vrai, c’est comme si un mec se disait « ça va pas mal, je vais essayer de voir quand on est mort si ça va pas mieux ! ». Mais quelqu’un de désespéré, j’ai rien à dire. S’il veut se tuer, il peut à la limite essayer l’héro, il aura des moments formidables peut-être en plus.

Mais les associations comme SOS amitiés, ça te paraît utile ?

Oui, parce que certains ont des coups de déprime et des envies de suicide passagères : un mec de 50 balais est chômeur, sa femme le plaque, il est seul.

Droopy

DroopyRCV nous offre un medley des (soit disant) meilleures aventures de Droopy, le fameux petit chien de Tex Avery qui ne cesse d’affirmer «I am happy» d’un air accablé… Notre ami Droopy va affronter une fois de plus les méchants loups et les vilains boxers qui le jalousent : bâton de dynamite qui n’éclate pas au bon moment, pistolets qui ne tirent pas sur la bonne personne, un enchaînement de gags (quelque peu périmés), toute la panoplie est là avec, surtout, la patte du maître dans l’art du dessin. Un reproche : une fois de plus, les doublages massacrent la subtilité des clins d’œil d’Avery et la compilation aurait pu être plus rigoureuse. Quelques éclats de rire garantis quand même, grâce aux facéties du célèbre toutou international.

Le diamant au corps

Le diamant au corps

Les Studios de la Victorine à Nice. Hollywood a débarqué sur la Côte d’Azur, comme au bon vieux temps où ses plateaux accueillaient le faste des grands tournages et de leurs stars. Tous les studios sont, en effet, réquisitionnés pour la production du film «Le diamant du Nil» que met en scène un jeune réalisateur très prometteur, Lewis Teague (spécialiste des films fantastiques comme «Cujo» et «L’incroyable alligator»). Vedettes : Michael Douglas et Kathleen Turner. Lui, en tenue de capitaine, les cheveux blonds en arrière, une fossette au menton digne de son célèbre père, rêve, sur le pont d’une frégate du XVIIIème siècle, à son mariage avec une très belle jeune femme en robe blanche au port altier et au sourire sensuel. C’est Kathleen Turner, féline, toujours blonde, un charme à la Lana Turner, façon «Le facteur sonne toujours deux fois», version années 50. Le navire sur lequel se déroulent les prises de vues a été entièrement reconstitué sur le plateau n°6 des studios. Plus de deux cents techniciens s’affairent autour, alors que des dizaines de Barbares (habillés en punks !) déambulent en attendant les ordres du metteur en scène. Avec un budget de 25 millions de dollars, «Le diamant du Nil» nous permet de retrouver le couple d’aventuriers célèbres de «A la poursuite du diamant vert» réalisé par Robert Zemeckis (un protégé de Steven Spielberg) : Michael Douglas, dans la peau de Jack Colton, tombé amoureux de Kathleen Turner, alias Joan Wilder, une romancière qui ne sait rien de la vie et s’invente des aventures épiques dans des contrées exotiques… Ressemblant quelque peu aux «Aventuriers de l’arche perdue», «A la poursuite du diamant vert» fut l’un des plus grands succès de la saison cinématographique 84. Le film rapporta à la Fox et au producteur Michael Douglas la bagatelle d’une centaine de millions de dollars dans le monde entier. En France, le film a été la surprise de l’été, puisque 5 millions de spectateurs l’ont vu. C’est dire que l’état-major de la Fox ne pouvait se refuser de remettre en jeu le duo gagnant pour une suite qui, cette fois, nous conduira en Égypte. Kathleen Turner a longtemps hésité avant de donner son accord aux frères Douglas, associés pour la production avec la Fox. Le scénario ne la satisfaisait pas dans sa première mouture. En réalité, la comédienne trouvait que son cachet n’avait pas été révisé à la hausse. D’autant plus que les plus grands metteurs en scène la réclamaient à corps et à cris. Après quelques semaines, où Kathleen Turner menaça d’aller tourner un autre film ( «The money pit» de Richard Benjamin), la Fox finit par accepter ses conditions financières et corrigea le script. Pourquoi ce genre de palabres sur son cachet ? Tout simplement parce que Kathleen Turner est devenue la comédienne star d’Hollywood. En quelques années, elle s’est imposée comme la rivale de Jessica Lange, côté physique, et de Meryl Streep ou Diane Keaton, par le choix de ses scénarios. Flash-back. Dès son premier film, en 1981, «La fièvre au corps» de Lawrence Kasdan, Kathleen Turner campe l’une des garces les plus stylées de l’histoire du thriller, face à William Hurt qui flashe complètement. D’entrée, elle s’affirme comme l’héritière de ces héroïnes de l’âge d’or du cinéma tout en étant résolument moderne. On est étonné par son regard bleu d’acier et sa coiffure à la Lauren Bacall, des bottes en croco ? Elle fascine. Le public flippe. L’actrice se rappelle avoir lutté pour obtenir le rôle de Matty dans «La fièvre au corps». «Lawrence Kasdan qui avait signé des scripts pour son ami Steven Spielberg m’avait proposée et choisie pour le personnage. Mais les gens de Ladd Company étaient inquiets, car je n’avais aucune expérience cinématographique. Ils voulaient tous me rencontrer, m’examiner. J’ai été convoquée dans un grand bureau blanc, avec moquette b blanche, sofa blanc… Les vice-présidents étaient là depuis le matin, devant des cendriers bourrés de mégots. L’un d’eux m’a questionnée sur le feuilleton «The doctors» où j’interprétais une pocharde, et m’a demandé : «Jouez-nous une scène de soûlerie». J’ai jeté mon script sur le bureau, et j’ai renversé accidentellement quelques cendriers : une bonne centaine de mégots se sont envolés dans toutes les directions. Rouge de confusion, je me suis jetée sur la moquette pour les ramasser, en me répandant en excuses. Les vice-présidents ont cru que je jouais, et j’ai eu le rôle…». O n a creusé, mais on n’a rien trouvé Kathleen avant d’être la garce de «La fièvre au corps» a passé son enfance à voyager avec ses parents. Son père, diplomate de haut rang, emmenait sa fille dans ses postes au Canada, à Cuba, au Venezuela et à Londres. C’est d’ailleurs durant son séjour en Grande- Bretagne que l’adolescente assiste à de nombreuses pièces de théâtre, notamment à Stratford. Elle songe pour la première fois au métier d’actrice : «Avec mes parents, j’étais allée voir une pièce interprétée par Christopher Plummer, Paul Scofield et Diana Rigg. J’étais très impressionnée par leurs performances. Et puis je trouvais que les Anglais avaient un profond respect pour la profession d’acteur». Son père meurt et elle retourne aux États-Unis, à l’université du Missouri, où elle passe un diplôme d’études théâtrales avant d’entrer à l’université de Baltimore où elle obtient une licence. C’est alors qu’elle décide de se jeter à l’eau. Seule, quelques dollars en poche, sacs au dos, elle monte à New York. Elle décroche un rôle-vedette dans le feuilleton «The doctors» pendant dix-huit mois, tout en s’illustrant le soir à Broadway dans la pièce «Gemini». Très remarquée, Kathleen Turner joue dans «La mouette» à Winnipeg (Canada). Des planches aux plateaux, il n’y a qu’un pas pour cette fonceuse qui se bat pour «La fièvre au corps». Ce film, qui lui vaut un succès critique et commercial, ne lui apporte pas la sécurité de l’emploi. Elle attendra un an avant de connaître une seconde expérience. «Tous les personnages qu’on me proposait étaient de pâles copies de Matty. Puis j’ai entendu parler de «L’homme aux deux cerveaux» de Cari Reiner, avec Steve Martin. J’avais renoué avec le théâtre à Washington pour jouer «Le songe d’une nuit d’été». Mais j’avais envie d’interpréter la garce, cette fois parodique du film. Cari Reiner me croyait incapable de tenir un rôle comique. J’ai demandé à auditionner, je me suis mise à quatre pattes sur le tapis, j’ai mordu Steve Martin au mollet, je lui ai sauté dessus ! Une heure plus tard j’étais engagée». Elle prouve une nouvelle fois avec «L’homme aux deux cerveaux» le mordant, les qualités plastiques et le sens du timing qui en font déjà une valeur sûre. Un polar hard, une comédie fantastique, Kathleen désoriente encore ses fans avec «A breed appart» de Philippe Mora, avec Rutger Hauer, un film d’action inédit en France. Elle récidive avec «A la poursuite du diamant vert». «C’est un risque, dit-elle est un plus grand à exceller dans un emploi donné, au point que les gens pensent automatiquement à vous dans cet emploi, et rien que dans celui-ci. Je me considère encore en apprentissage, je ne sais pas ce qui me convient le mieux. «Le diamant vert» me permettait de jouer un personnage très différent de moi. Je suis assez expansive, contrairement à Joan, qui est timide et coincée. Le genre de fille qui débarque dans la jungle avec des chaussures à talons aiguilles, les cheveux noués et le corsage boutonné jusqu’au cou. Au départ, Michael Douglas et Robert Zemeckis n’étaient pas convaincus que je puisse jouer ce côté du personnage». Nouveau virage avec «Les jours et les nuits de China Blue». Kathleen se métamorphose en femme bicéphale. Pute la nuit, styliste de mode le jour. Le film est dû au metteur en scène britannique Ken Russell dont on connaît le penchant pour les mises en scène érotiques. Kathleen arbore une robe de soie moulante, une perruque blonde, un lipstick rouge, se déhanche sur les trottoirs pour draguer ses clients. Elle enlève le haut et le bas. La censure américaine n’apprécie pas du tout le caractère hard du film et demande des coupes assez importantes. «China Blue» scandalise l’Amérique, ce qui ne surprend pas Kathleen qui, elle, estime : «Je trouve ennuyeux de jouer les braves filles, parce que leur comportement est stéréotypé. C’est pourquoi j’ai pris plaisir à interpréter China Blue. Elle est complètement versatile et mystérieuse. En outre, elle contrôle très bien sa vie. Elle choisit ses clients et règle elle-même tous les détails des rituels érotiques». Après ce personnage fort sous la direction de Ken Russell, elle obtient un rôle très convoité dans «Prizzi’s honor» le dernier film de John Huston. Celui d’une femme proche d’un mafioso interprété par Jack Nicholson. «C’était un rêve de travailler avec ce vieux lion du cinéma qui a dirigé quantité de stars. Avec Jack, dont on dit qu’il n’est pas toujours facile, tout s’est remarquablement déroulé. Il n’arrêtait pas de me jouer des tours». William Hurt, Anthony Perkins, Jack Nicholson, Michael Douglas, Kathleen est opposée aux stars masculines. «Nous sommes dans une période transitoire. Les cinéastes commencent tout juste à redonner aux femmes des emplois forts et intéressants. La profession commence à reconnaître nos mérites». Kathleen Turner, après avoir bouclé les prises de vues du «Diamant du Nil», où est la pierre ? Sur la Côte d’Azur et au Maroc en plein désert), est repartie pour la Côte Ouest, où l’attendait Francis Coppola pour son prochain film. Titre : «Peggy Sue got married» où elle remplace au pied levé Debra Winger («Tendres passions») qui ne s’entendait pas avec le metteur en scène. «C’est l’histoire d’une femme qui effectue un bond de vingt ans en arrière à l’époque de ses dix-huit ans. Nicolas Cage, l’un des deux héros de «Birdy», est mon partenaire». Qu’est-ce que vous avez fait de mes oiseaux ? On le voit, Kathleen Turner ne perd pas son temps. Elle tourne beaucoup. «Et pourtant je ne suis pas pressée d’imposer mon image au public. Si je le voulais, je tournerais «Supergirl» ou «Sheena reine de la jungle», mais je ne suis pas gymnaste. Ce qui compte, c’est de me lancer à chaque fois un défi à moi-même. Il y a sans doute une limite entre la conscience professionnelle et la pure idiotie. Je ne pense pas l’avoir franchie, mais je n’ai que 28 ans». D’ailleurs sa vie privée en est la preuve. Mariée depuis l’an passé avec un agent immobilier. Jay Weiss, menant une existence rangée entre New York et la Californie, Kathleen souhaite avoir bientôt un enfant. «Laissez-moi le temps…» dit cette vamp au sourire destructeur, qu’on imagine mal dans son futur rôle de maman-poule.

Les aventures de Mr. Pickwick

Dans ces nouvelles aventures, notre héros Mr. Pickwick est le fondateur du club du même nom. Il a décidé cette fois-ci d’étudier les phénomènes curieux ou étranges que l’on peut rencontrer ici ou là dans la vie. Aussi, décide-t-il de partir en voyage. Et c’est, bien sûr, le début de toute une série d’aventures aussi cocasses les unes que les autres. Tout le monde le sait, ne serait-ce que pour l’avoir lu, Charles Dickens est un merveilleux conteur. Ses histoires ont bercé des générations d’enfants. 3M lui rend un hommage cent fois mérité au travers d’une collection vidéo dont nous avons eu quelques aperçus : «Oliver Twist», «David Copperfield», «Les grandes espérances» et, aujourd’hui, «Les aventures de Mr. Pickwick». C’est une série tout à fait honorable et très soigneusement produite, tant sur le plan du graphisme que celui de l’animation.

Les croque-monstresLes croque-monstres

Le château des horreurs, peuplé de personnages loufoques, réserve bien des surprises aux éventuels visiteurs qui oseraient s’y aventurer : Frankie, Dracu, la sorcière Sabrina et leurs amis, le monstre farceur et la momie ont plus d’un tour dans leur sac. Les jeunes vidéo-consommateurs ne se lasseront pas de voir défiler les gags multiples et variés de ces «Croque-monstres», représentés par toute une panoplie de dessins originaux et colorés. Cette parodie «Frankensteinesque» pour enfants se révèle toutefois un peu légère côté dialogues (comme d’ailleurs beaucoup de dessins animés du même genre), défaut vite estompé grâce au charme de nos gentils fantômes… Attention quand même, interdit aux plus de 10 ans !

Splash

SplashTout a commencé en fait très tôt pour Alan Bauer. Il a tous justes 8 ans quand, lors d’une promenade en bateau avec ses parents, il est attiré dans l’eau… par une sirène de son âge. Aujourd’hui, c’est un jeune homme qui dirige une société de fruits et légumes. Et il vient de subir encore un chagrin d’amour. Aussi décide t-il d’aller passer quelques jours de vacances… à l’endroit même où, enfant, il a eu son accident. Et voilà que pour la deuxième fois, il tombe à l’eau. Il est sauvé in extremis par une sirène, la même ! C’est le début d’une grande et impossible (?) histoire d’amour. Amour, humour, fantaisie, féerie comme d’habitude dans les films Walt Disney, il y a ici, aussi, tous les ingrédients nécessaires pour réussir un film qui s’adresse indifféremment à tous les publics. Il ne s’agit pas, bien entendu, dans cette love story aquatique, de rechercher une quelconque invraisemblance. Dès le début de l’apparition de la petite sirène, il nous paraît évident que ces dernières existent. Le tout est d’essayer de savoir comment ce jeune homme, qui ne sait même pas nager, et cette superbe et ravissante créature vont pouvoir déjouer à la fois les plans des méchants et tenter de s’unir dans cet impossible amour. Il n’est pas question de vous dévoiler ici l’histoire. Sachez seulement que les happy-end étant de rigueur dans les films Disney, Alan et Madison vivront heureux et auront beaucoup de petits…

Robin des bois

Rien ne va plus dans la mystérieuse forêt d’Angleterre. Le bon roi Richard, un lion superbe et généreux, est parti en croisade, laissant ses sujets aux griffes du terrible prince Jean (un lion cupide et cruel. Cet abominable personnage tente de s’approprier la couronne royale. Accablé d’impôts, triste et désespéré, le peuple de la forêt met tous ses espoirs dans Robin des Bois, ce renard habile et rusé, qui, après de multiples aventures remettra de l’ordre et du bonheur au sein de la forêt. Encore un grand dessin animé signé Walt Disney. Tous les personnages de cette belle légende sont interprétés par des animaux. Du crocodile au lion, du lapin au renard, ils sont tous poétiques, et admirablement dessinés. C’est un film très soigné jusque dans les moindres détails (couleur, graphisme et merveilleuse animation). 83 minutes de plaisir pour petits et grands. Un classique, vous dis-je !

La cité des dangers

La cite des dangersLe suicide d’une strip-teaseuse, découverte sur une plage proche de Los Angeles, quoi de plus banal ? Le lieutenant de police Phil Gaines (Burt Reynolds) a d’autres chats à fouetter : par exemple, s’occuper de l’évasion du tueur Jim Bellamy, ou bien conter fleurette à sa dulcinée, Nicole Britton. (Catherine Deneuve), une call-girl française avec qui il rêve d’aller à Rome… Pourtant, son adjoint estime, quant à lui, que la mort de Gloria est suspecte. Le père de la victime, un ancien de la guerre de Corée, croit au crime. Dès qu’il a résolu l’affaire de l’évasion, Phil se penche à nouveau sur le cas de Gloria et découvre que la jeune femme avait tourné dans des films porno et qu’elle connaissait un avocat influent, Leo Sellers (Eddie Albert)… Tout se complique ! C’est un tableau désabusé de la société américaine contemporaine que brosse Aldrich dans ce polar à pistes multiples, où Catherine Deneuve joue un peu les utilités décoratives, dans un rôle inhabituel pour elle (si on excepte «Belle de jour», où elle travaillait dans une maison close), mais où Burt Reynolds crée l’agréable surprise en incarnant un flic complexe, humain, compétent, qui se heurte à la violence et à l’inavouable, lui qui aimerait que le monde soit simple et pur… Réalisé comme un reportage sur le vif, le film retient l’intérêt de bout en bout.

Il était une fois dans l’ouest

Trois hommes, vêtus de cache-poussière, attendent sur un quai de gare. Chaleur et silence se font pesants. Seule une mouche vient perturber cette immobilité tragique. Car la mort rôde. Un duel aux pistolets va suivre… Avec ce film, Sergio Leone atteint une perfection qu’il n’a pas égalée à ce jour, même dans «Il était une fois en Amérique».Il était une fois dans l'ouest Son «Il était une fois dans l’Ouest» a la somptuosité d’un opéra westernien, violent, lyrique et latin ! C’est l’aboutissement du western-spaghetti, adaptation aux sensualités italiennes des grands mythes américains. Dans le pire des cas, cela donnait d’odieux plagiats ou de pénibles nullités. Dans le cas de Leone – grâce au talent du cinéaste, mais aussi grâce à un budget de production plus qu’imposant- c’est le chef-d’œuvre ! Sur le tournage comme dans sa manière de filmer, Leone prend son temps. Il atteint ainsi une sorte de rigueur (voire de raideur) tragique, qui donne à une intrigue des plus banales l’emphase des authentiques tragédies. De plus, Leone est un grand maniaque de l’histoire de l’Ouest américain. Il s’offre un certain nombre de morceaux d’anthologie (massacre de fermiers, arrivée du chemin de fer, duel au pistolet, intérieur de saloon, construction de ville, etc.) qui sont reconstitués avec précision et s’imbriquent parfaitement à l’intrigue. Sur sa fresque, Leone a trouvé la musique qui convient : celle d’Ennio Morricone. Les mélodies imprègnent de leur rythme et de leur atmosphère les images et les séquences. Les acteurs semblent portés par elles. Cela s’explique parfaitement puisque Leone diffusait ladite musique sur le plateau pendant le tournage. Mais cela apporte une nouvelle dimension à ce qui n’est, au départ, qu’un film de genre (en l’occurrence un western) recomposé et démultiplié pour devenir un très original film d’auteur.

Le transfuge

Le transfugeL’affaire du Rainbow Warrior vient de jeter les feux de l’actualité sur la mystérieuse DGSE, le service secret du renseignement français. Ce film inédit de Philippe Lefebvre (réalisateur du «Juge» avec Jacques Perrin), prend comme thème les activités de cette maison. Nous faisons la connaissance de Bernard Corain (Bruno Cremer, dans un rôle qui lui va comme un gant), industriel tranquille qui se rend régulièrement, pour ses affaires, en Allemagne de l’Est. Pour cette raison, il est repéré par la DOSE : sous la pression d’un officier, il accepte de devenir un «honorable correspondant» de la fameuse Piscine. En tant que tel, il est sensé rapporter des renseignements de derrière le rideau de fer : de l’espionnage industriel, en quelque sorte. Mais il ignore qu’on veut se servir de lui pour une opération très spéciale : le passage à l’Ouest d’un important responsable des services est-allemands (Heinz Bennent). Il devra tout faire pour aider ce transfuge. Voici un film dont le suspense ne se relâche jamais : le récit est bien construit, l’interprétation sobre et juste, il y a des scènes remarquables, des moments pathétiques. Il a fait forte impression au Festival de Cognac 1985, et permet de passer une excellente soirée sous le signe de l’ambiguïté et du drame.

Complot de famille

Complot de familleLe dernier Hitchcock, pas le meilleur… loin de la. Adaptant un banal roman policier de Victor Canning («Le cas Rainburn»), Hitchcock tente de renouer avec la veine de la comédie qui lui avait si bien réussi dans «Mais qui a tué Harry ?» ou, à un moindre degré, dans les comédies à suspense de sa période anglaise («Jeune et innocent», «Les trente-neuf marches» ou «Une femme disparaît»). Techniquement, «Complot de famille» est parfait. Le vieil Hitch se permet même des audaces tellement grosses (mouvements de caméra signifiants…) qu’on les reçoit comme une partie de cet humour-clin d’œil dans lequel baigne le film. Mais le problème est dans l’intrigue. On se moque éperdument de ce couple de « gentils», composé d’une pseudo-voyante et d’un comédien en chômage devenu chauffeur de taxi. On se moque tout autant de la vieille dame riche et de son neveu-héritier à retrouver. Malgré tout le plaisir jubilatoire que montre le couple de «méchants» interprétés par Karen Black et William Devane, on se moque tout autant de leurs agissements. Reste un jeu de chat et de souris souvent brillant, quelquefois drôle, mais un peu vieillot (notamment par l’utilisation très désinvolte de l’écran bleu pour les transparences, dans les scènes d’intérieure auto). Un Hitchcock à voir. Mais ce n’est pas le film testament que l’on attendait comme point final-point d’orge à la carrière d’un des plus grands et des plus roublards cinéastes mondiaux.

Contre toute attente

Contre toute attenteRemake de «Pendez-moi haut et court» de Jacques Tourneur, «Contre toute attente» met en scène Rachel Ward, Jeff Bridges, James Woods et Richard Widmark. L’intrigue ? Policière et se passant dans les milieux du football professionnel avec magouilles, alliances, mésalliances et femmes fatales. Mais le réalisateur Taylor Hackford («Officier et gentleman») se noie dans le détail d’une action déjà compliquée et noie le spectateur dans un océan d’ennui. Pendant ce temps, les acteurs font leur numéro, toujours très bons, mais le fil est rompu. Les multiples rebondissements ne suffisent plus à relancer l’action… contre toute attente. Et c’est bien dommage.

La septième cibleLa septième cible

Un thriller, un suspense qui vous tient en haleine presque jusqu’à la fin de film parce que l’intrigue est suffisamment bien ficelée pour que vous n’avez pas trois métros d’avance sur les coups de théâtre… Le thriller de Claude Pinoteau («Le Silencieux», «La gifle», «La boum»), écrit par Jean-Loup Dabadie («César et Rosalie», «Un éléphant ça trompe énormément»), est de facture classique. Mais cette sobre efficacité convient parfaitement au propos. Elle est même en parfaite harmonie avec la paupière lourde d’un Ventura au bord de l’exaspération. Imaginez ce brave ancien grand reporter qui est, coup sur coup, victime d’une agression en pleine rue, d’appels téléphoniques aussi anonymes que menaçants, d’un accident automobile délibérément provoqué par un chauffard, de lettres de menaces et de divers autres attentats. Pourquoi ? Ventura aimerait bien le savoir. Il ne se connaît pas d’ennemis. Mais, à cause de tous ces «faits nouveaux», il ressent le monde comme un vaste complot. Et lorsque son meilleur ami (incarné par Jean Poiret), l’alcoolique « artiste de variétés » qu’il ramène chez lui à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, est agressé à sa place… Ventura prend le mors aux dents ! On peut imaginer la suite : d’abord manipulé puis manipulateur, avec brusque retournement de situation. Mais l’intérêt du film est dans la manière dont les éléments du puzzle-mystère vont s’organiser. Et, là, il faut être fort pour prévoir juste…