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Rhapsodie in blue

Les Américains adorent raconter en films la vie de leurs grands hommes… On pourrait citer bon nombre de ces biographies romancées qui frôlent parfois le ridicule édifiant, mais il faut reconnaître qu’en général ce genre de production est assez bien ficelée pour mériter d’être vue, pour peu qu’on s’intéresse au personnage en question. Ici, il s’agit évidemment de Georges Gershwin. Comme il se doit, on le rencontre d’abord à l’âge de 10 ans, assis devant son piano, déjà génial. On assiste ensuite à ses jeunes années, à la rencontre de Julia Adams, sa première idylle, puis à l’interprétation de «Swanee» par Al Jolson dans «Le chanteur de jazz», son premier succès. Une bonne partie du film est ensuite occupée par l’hésitation du brave Georges entre Julia et Christine, une Française (diable, une débauchée !) qui fait de la peinture et détourne un moment le compositeur de sa dulcinée. Hélas, quand il revient vers elle, Julia est intraitable. Bref, préparez vos mouchoirs. Tout ceci n’a que peu de rapports avec la musicologie, d’ailleurs la répétition lancinante du thème principal de «Rhapsody in blue» donne l’impression que le bougre n’a rien composé d’autre. Selon les spécialistes, le tout prend des libertés avec la vérité historique. Ce qui ne change pas grand chose, à vrai dire.

La petite

La petiteEn 1971, Louis Malle faisait grincer des dents dans les chaumières sournoises avec «Le souffle au cœur». Touche pas à l’inceste ! En 1978, il fait, carrément hurler les ligues bien-pensantes avec «Pretty Baby», en français «La petite». «La petite» est une rétro-histoire de bordel à la Nouvelle-Orléans au début du siècle. L’héroïne, c’est Violet, 10 ans, la petite : fille de prostituée, élevée dans le bordel depuis toujours, elle est très tôt initiée au métier qui l’attend, tout en étant très bien entourée par les prostituées qui sont autant de mamans pour elle. Un jeune photographe, E.J. Bellocq (Keith Carradine), très inspiré par les clichés de prostituées, tombe fou amoureux de la petite qui devient son modèle favori. Il finira par l’épouser, mais elle retombera inévitablement dans le piège de la prostitution. Louis Malle signe ici son premier film américain inspiré de «Storyville, New Orléans», le témoignage d’une femme à l’histoire similaire. Si «La petite» a fait scandale à l’époque de sa sortie, c’est entre autres à cause d’une scène où la virginité de Violet est mise aux enchères auprès des clients du bordel et aussi à cause de l’interprétation plus que troublante de Brooke Shields, remarquable dans ce film qui aurait dû rester le seul et unique de sa carrière. A noter la présence formidable de Susan Sarandon, dans le rôle de la mère de Violet, et l’excellente interprétation de Keith Car-radine, dans le rôle du photographe Bellocq proche de Lewis Carroll.

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